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Un homme prend sa douche.

Une dermatologue chamboule tout le conce...

Elle pourrait faire mal à l’industrie des laboratoires pharmaceutiques, Yael Adler. Cette dermatologue prend à contre-pied les injonctions des grandes marques de cosmétiques et le poids de certaines traditions dans son livre Dans ma peau. L’excès d’hygiène surtout, d’application de crèmes aussi, l’ingestion d’aliments qui ne nous font pas que du bien… Elle tord le cou à quelques préjugés bien ancrés. À la parapharmacie Pharmafutur, ce genre de propos nous interpellent forcément, alors on s’est penché sur le sujet.

Un homme sous la douche.

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Deux pas en avant, un pas en arrière

Un coup on ne se lave pas assez, un coup on se lave trop… Quand va-t-on trouver la bonne mesure en matière d’hygiène ? Yael Adler, dermatologue, nutritionniste et phlébologue allemande, lance un pavé dans la mare des pro-nettoyage-décapage quotidien à grand coup de produits plein de parfum, c’est-à-dire les grandes marques de laboratoires parapharmaceutiques. Dans le livre Dans ma peau, elle s’attaque à leur fonds de commerce : l’hygiène.

« Notre peau s’occupe très bien d’elle-même sans nous », explique Yael Adler. Et cela résume toutes ses recherches et observations sur la peau de la population actuelle. Elle détaille ensuite son propos en trois points, qui ont chacun leurs effets spécifiques sur les problèmes de peau :

  • On se lave trop
  • On se lave, s’hydrate, se traite les rides avec des produits inadaptés
  • On se nourrit mal

Cela contrecarre les habitudes, les règles enseignées depuis des générations. Après Pasteur et la découverte des microbes, les campagnes d’hygiène prennent une autre dimension : il faut s’en débarrasser et faire de sa peau un terrain vierge. Pour cela l’endroit où l’on se lave devient intime, on ne va plus aux bains publics. On utilise un savon, puis des gels douches riches en composants qui visent le camouflage des odeurs plutôt que la propreté. L’idée que le corps qui sent est forcément sale vient à grand renfort de publicité et de marketing. Faire changer les mentalités ne sera pas simple, pourtant la médecin ne propose (presque) rien de farfelu.

Retour au basique

Yael Adler préconise en effet de se laver une fois par jour. Jusqu’ici, la plupart d’entre nous ont bon, bien qu’il y ait 11,5 % de Français qui prennent plusieurs douches chaque jour. Ceux-ci devraient se restreindre, d’après la dermatologue. Ensuite, et c’est là que beaucoup vont tiquer, c’est qu’il ne faudrait utiliser de produit d’hygiène qu’aux zones les plus odorantes : les aisselles, entre les fesses et les pieds. Pour le reste du corps, s’il s’agit d’une journée sans effort particulier, l’eau suffirait. Elle se base sur le fait que la peau fonctionne avec des milliards de bactéries qui assurent sa protection. À trop les malmener, leur population se déséquilibre, il y en a trop peu, puis elles se développent trop pour compenser. Ceci provoque des irritations et laisse le champ libre aux mauvaises bactéries, aux mycoses, etc. qui développent de mauvaises odeurs.

Le savon doit d’ailleurs respecter une composition la plus neutre possible. Exit le pH trop acide ou basique, les parfums, les détergents, les désinfectants, les colorants et les conservateurs. De même pour les lotions hydratantes, qui contiennent parfois des actifs complètement contradictoires, comme de l’alcool qui dessèche l’épiderme.

Enfin Yael Adler accuse le lait, dont on nous vante le caractère indispensable depuis longtemps, de provoquer l’acné adulte. Le lait bu après l’enfance a pour effet de grossir les glandes sébacées, celles-ci produisant donc plus de sébum. Ceci ajouté au fait que le lait provoque les inflammations cutanées, on se retrouve avec des trentenaires aux visages d’ados.

Yael Adler serait-elle une hippie végan sous couvert ? Non, elle ne rechigne pas à utiliser des produits cosmétiques comme le botox dans son cabinet, qui serait moins polluant pour la peau que tous ces produits qu’on y applique et qu’elle critique. À la base, il s’agit aussi de se réconcilier avec son corps et son odeur, celle qui est bonne.